Rencontre avec Ivan Bel, responsable de la section Shiatsu Thérapeutique de l’EEM

Cet article est paru dans la lettre de l’Union Française des Professionnels de Shiatsu Thérapeutique, en mars 2015. Par Laurence Villevallois.

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L.V. : Bonjour Ivan. Peux-tu nous raconter ton parcours de Shiatsu ?

ivan BEL professeur de shiatsuI.B. : Je viens du milieu des arts martiaux japonais. J’ai pratiqué pendant 25 ans l’aïkido, le kenjutsu, le karaté et le iaïdo. Aucun enseignant que j’ai croisé n’a été capable de m’expliquer ni même de me montrer ce qu’était l’énergie. Frustré, j’ai cherché une voie où je pourrais avoir une explication. En 98, lors d’un stage intensif dans le sud de la France, j’ai suivie des ateliers d’initiation au Shiatsu. Il fallait choisir entre la sieste pour récupérer de l’entraînement ou découvrir de nouvelles choses, le choix fut rapide. François Dufour m’a ouvert la porte. J’ai ensuite commencé une formation à Paris avec une enseignante qui ne m’a pas convaincu et fut découragé. Une amie médecin venait de louer un appartement à une praticienne de Shiatsu hollandaise, par ailleurs karateka de haut niveau, Lucy de Mooy. Formée au Canada, elle jonglait avec aisance avec tous les registres et styles du Shiatsu. Je pris rendez-vous et fut impressionné par sa technique. Je lui ai demandé par six fois de me prendre comme élève, et au bout du compte, voyant que j’étais tétu, elle m’a prise avec elle. Je me suis formé 3 ans en cours particuliers avec elle. Comme elle était à la fois mon enseignante et mon cobaye, je prenais un coup de pied à chaque erreur. (Rires). De cette façon un peu douloureuse, on apprend vite à former parfaitement le corps et l’ergonomie, le rythme et les doigts.

En 2005, j’ai dû la quitter pour m’installer à Bruxelles et sur recommandation d’un ami, je suis entré chez Kawada senseï. Son style Yoseïdo Shiatsu est une synthèse de ses deux professeurs, Namikoshi et Masunaga. Ce maître de l’énergie m’a fait ressentir très clairement les flux dans les méridiens. Les explications n’étaient pas faciles à suivre, il écrivait au tableau en français, en anglais et en japonais, que j’arrivais heureusement à décrypter grâce à mes années d’études du chinois. Ce furent 4 années assez rudes, dans le plus pur style japonais. Si tu comprends tant mieux, si tu ne comprends pas, ce n’est pas son problème. La pédagogie n’est pas un art asiatique. J’ai croisé ensuite la route de Onoda Senseï et Ohashi Senseï et les Français, Bernard Bouheret et JeanMarc Weill, qui ont tous inspiré ma pratique.

Peux-tu nous parler en quelques mots de l’École européenne de massage ?

J’ai d’abord enseigné en privé mais sur le conseil de mon ami et associé David Gaudin, nous avons ouvert l’école dont il a pris la direction pour que je puisse me concentrer sur la création et le développement du cours dhiatsu. Quatre ans plus tard, il y a 14 enseignants qui forment les élèves à 10 techniques de massage différentes. Je dirige la section Shiatsu Thérapeutique qui comprend maintenant 4 enseignants et j’enseigne également le Chi nei tsang.

Ivan Bel shiatsu Japan Expo 2011

Comment as-tu entendu parler de l’UFPST ?

Un étudiant de Bernard Bouheret – également étudiant de mon ancien professeur d’aïkido à Paris avec lequel je suis resté 13 ans -, a voulu me rencontrer lors de son passage à Bruxelles. Nous avons sympathisé et je lui parle de mon envie de créer une union professionnelle de Shiatsu à visée purement thérapeutique. Il me propose d’entrer en contact avec Bernard Bouheret qui avait le projet de créer la même chose en France. J’avais suivi un peu le Shiatsu Koho du professeur de Bernard, Thierry Riesser, et je dois dire que j’appréhendais la rencontre. Je pensais tomber sur une sorte de samouraï du Shiatsu comme l’était son professeur. Mais la rencontre fut lumineuse et dès la première discussion nous étions étonnés d’avoir quasiment les mêmes idées sur tout.

Bernard Bouheret

Toutefois, la comparaison avec Bernard s’arrête là. Car malgré mes 8 ans d’études et 10 ans de pratique professionnelle, il a une vie d’expériences en Shiatsu Thérapeutique que je n’ai pas. L’UFPST était déjà créée depuis un an, et j’ai choisi de rejoindre le mouvement auquel j’espère apporter ma pierre, en compagnie de Philippe Banaï le second professeur de la section. Je suis très reconnaissant à Bernard de m’avoir pris au sérieux et fait participer à l’élaboration du tronc commun des écoles avec les autres enseignants.

Comment envisages-tu la collaboration avec l’Union ?

Nous allons créer petit à petit la branche belge de l’Union et tenter de développer le Shiatsu Thérapeutique en Belgique. Cette réalisation va être complexe, car il y a dans ce pays une histoire très différente du Shiatsu, plus axé sur le bien-être et l’harmonisation énergétique. Proposer un cursus long de 4 ans et plus solide en médecine chinoise, introduire de manière décomplexée le shiatsu au niveau thérapeutique, va faire quelques changements qui risquent de prendre du temps. Mais aujourd’hui le Shiatsu en Europe est arrivé à un tel niveau de maturité qu’on ne peut plus ignorer cette dimension. De plus, en étant à Bruxelles, j’espère pouvoir aider à la reconnaissance du Shiatsu Thérapeutique auprès des institutions européennes ou d’association comme l’EFCAM. Par ailleurs, en collaboration étroite avec l’UFPST sur les projets pédagogiques, nous travaillons à gommer les différences pour que les diplômes de chaque côté de la frontière soient en équivalence. Par cette association, nous espérons pouvoir faire avancer plus vite le Shiatsu en général dans cette nouvelle voie.

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